Una decena larga de novelistas casi franceses

Mayo 24, 2009

La literatura francesa, según Fernando Vicente

Para ponerse al día

J. M. G. Le Clézio. La música del hambre (Tusquets) y El africano (Adriana Hidalgo).

Mathias Enard. Zona (Belacqua).

Atiq Rahimi. La piedra de la paciencia (Siruela), Tierra y cenizas (Lengua de Trapo).

Jonathan Littell. Las benévolas (RBA), Lo seco y lo húmedo (RBA).

Andréi Makine. La mujer que esperaba y Réquiem por el Este (Tusquets). Nancy Huston. Marcas de nacimiento (Seix Barral).

Emmanuel Carrère. Una novela rusa (Anagrama).

Patrick Modiano. Dora Bruder (Seix Barral), Calle de las tiendas oscuras, El café de la juventud perdida y Un pedigrí (Anagrama) y Reducción de condena (Pre-Textos).

Anne-Marie Garat. Nacida de las tinieblas y En manos del diablo (Belacqua).

Jean Echenoz. Ravel (Anagrama).

Fred Vargas. La tercera virgen (Siruela).

Annie Ernaux. Los años y La ocupación (Hercé).

Romain Gary. El bosque del odio (Galaxia Gutenberg/Círculo de Lectores) y La tormenta (El Cobre).

François Vallejo. El heredero (Salamandra).

Philippe Claudel. El informe de Brodeck (Salamandra).

Daniel Pennac. Mal de escuela (Mondadori).

Pascal Quignard. Todas las mañanas del mundo (Espasa).

Eric-Emmanuel Schmitt. Ulisse from Bagdag (Destino).


Raymond Carver

Marzo 19, 2009

Raymond Carver

Photograph of my father in his twenty-second year

October. Here in this dank, unfamiliar kitchen
I study my father’s embarrassed young man’s face.
Sheepish grin, he holds in one hand a string
of spiny yellow perch, in the other
a bottle of Carlsbad Beer.

In jeans and denim shirt, he leans
against the front fender of a 1934 Ford.
He would like to pose bluff and hearty for his posterity,
Wear his old hat cocked over his ear.
All his life my father wanted to be bold.

But the eyes give him away, and the hands
that limply offer the string of dead perch
and the bottle of beer. Father, I love you,
yet how can I say thank you, I who can’t hold my liquor either,
and don’t even know the places to fish?
___________________________________

Octubre. En esta cocina húmeda y tan poco acogedora
examino el desconcertado rostro de mi padre cuando era joven.
Sonríe tímidamente, sujeta con una mano el cordón
de una perca dorada y en la otra
una botella de cerveza Carlsbad.

En vaqueros y con una camisa de algodón, se apoya
contra el guardabarros delantero de un Ford de 1934.
Le gustaría aparentar fuerza y decisión para la posteridad,
con su viejo sombrero inclinado sobre la oreja.
Toda su vida mi padre quiso ser un tipo seguro.

Pero los ojos le delatan, y las manos,
al mostrar blandamente el cordón de la perca
y la botella de cerveza. Padre, te quiero,
pero ¿cómo puedo darte las gracias, yo, que tampoco sé coger una botella,
y que ni siquiera conozco los sitios donde se pesca?

Traducción de Jaime Priede. Del libro Todos nosotros (Poesía reunida), Bartleby, 2006.

Carver, manuscrito de 1982


Le Clézio, Nobel de Literatura 2008

Octubre 9, 2008

 

Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l’écrivain français Jean-Marie Le Clézio pour son oeuvre “de la rupture”, a annoncé, jeudi 9 octobre, l’academie suédoise. L’académie a fait ce choix d’un “écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante”, selon les attendus de l’académie. Il recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d’euros), le 10 décembre à Stockholm. En 45 ans d’écriture, Jean Marie Gustave Le Clézio, âgé de 68 ans, grand voyageur fasciné par les mondes premiers, est l’auteur d’une cinquantaine de livres, portés par une grande humanité. M. Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d’une famille bretonne (son nom signifie “les enclos” en breton) émigrée à l’île Maurice au XVIIIe siècle. Son père était un médecin de brousse anglais et sa mère, française.

Après sa licence de lettres, il a travaillé à l’université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d’études supérieures à Henri Michaux. A l’âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour Le Procès-Verbal. En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant mais est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. Il achève son service au Mexique. Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, employé par l’Institut d’Amérique latine, il partage la vie d’Indiens, au Panama: une expérience qui aura beaucoup d’influence sur son oeuvre. Il enseigne ensuite à Albuquerque (Etats-Unis).

Dans une interview à la radio publique suédoise après l’attribution du prix, Jean-Marie Le Clézio s’est déclaré “très ému et très touché” par la récompense. “C’est un grand honneur pour moi”, a-t-il  ajouté, précisant qu’il remerciait “avec beaucoup de sincérité l’Académie Nobel”. A la question de savoir s’il se considérait comme un écrivain français ou francophone, il a répondu: “Je ne crois pas que l’on puisse faire la distinction. Je suis né en France, mon père était britannique, je suis issu d’un mélange, comme beaucoup de gens en Europe”.

Prix Nobel de Littérature de Langue Française

2008 : Jean-Marie Gustave Le Clézio
2000 : Gao Xingjian
1985 : Claude Simon
1964 : Jean-Paul Sartre (qui l’a refusé)
1960 : Saint-John Perse 
1957 : Albert Camus
1952 : François Mauriac
1947 : André Gide
1937 : Roger Martin du Gard
1927 : Henry Bergson
1921 : Anatole France
1915 : Romain Rolland
1904 : Frédéric Mistral conjointement avec José Echegaray (Espagne)
1901 : Sully Prudhomme (René François Armand Prudhomme)

www.lemonde.fr